Le confinement, ou le début d’une Œuvre Globale.

Le confinement a réveillé quelque chose, une conscience qui fait de nous tous des ambassadeurs culturels, auprès de ceux qui vivent à l’autre bout du monde. Chaque communauté a exprimé ses façons de combler un vide relationnel, de rester en contact. Après le confinement que nous aurons vécu, soyons attentifs à ne pas reprendre nos habitudes comportementales, dont nous connaissons et comprenons les causes et les effets. Tous les petits commerces bistrots, restaurants, quincailliers, ceux que nous appelons commerces de proximité, qui sont tenus par des indépendants, des personnes qui se battent depuis des années, voire des décennies, pour garder leurs métiers, soutenons-les ! Ils tiennent leurs commerces parce qu’ils en ont besoin pour vivre, mais aussi par la conviction et conscience de la part d’humanité qu’ils apportent à chacun de nous. Quand nous allons au bistrot où nous pouvons converser et entendre les conversations, nous en repartons enrichis. Boire un café, un verre de vin, ou partager un repas, c’est participer à la vie culturelle qui est présente dans ces lieux accessibles à tous. Il n’y a pas besoin de payer l’entrée pour assister aux scènes vivantes que nous créons en commun. Il va être important d’avoir conscience que les États ne vont pas pouvoir subvenir aux besoins de tous ces petits commerçants, artisans, artistes. Chacun de nous a la responsabilité de soutenir son l’héritage culturel là où il est. Soutenons ceux qui ont été là avant et pendant le confinement: théâtres, musées, cinémas, salles de concerts. Préservons nos joyaux !


Après le confinement l’on serait tous tentés de reprendre un souffle de liberté en allant à l’autre bout du monde pour nous distraire, pour découvrir. L’argent que nous aurions dépensé au loin, dépensons le autour de nous, là où nous résidons sur nos territoires, pour sauvegarder ce que nous avons mis des siècles à construire et à transmettre. Chaque personne, chaque groupe, chaque pays doit le faire pour aider son environnement proche.


Nous savons à quel point se rendre à l’autre bout du monde est polluant, polluant par le déplacement excessif des avions, ainsi que par nos habitudes de consommation. L’excès de nos déplacements déséquilibre aussi les économies locales. Nous créons une inflation, qui pour les autochtones devient problématique et cela crée du ressentiment, un repli sur soi des communautés. Soyons cohérent avec nos préoccupations environnementales. L’environnement commence par soi, dans notre relation avec ceux qui nous entourent. Attendons un peu afin que chaque pays se remette et s’adapte à de nouvelles conditions de déplacements afin que nous voyagions autrement avec une autre conscience environnementale. Redéfinissons ensemble de nouvelles formes d’accueil et de voyage.

La solidarité, notre œuvre Globale, est plus simple à pratiquer avec notre voisin qu’avec quelqu’un qui vit à l’autre bout du monde. Nous pouvons être solidaires aussi avec nos frères de l’autre bout du monde, mais pensons d’abord à ceux que nous avons à côté de nous où que nous soyons, pour éviter que le confinement n’agisse comme un désherbant culturel. Les États ne pourront pas subvenir aux besoins financiers de tous. Les institutions sont déjà trop affaiblies par plusieurs crises.
Façonnons notre futur dès que le confinement sera terminé. Dès que les premiers commerces et lieux de culture ouvriront, allons fêter ensemble. Allons les soutenir, Nous soutenir. Modelons notre environnement en allant au bistrot, en allant saluer nos commerçants en leur disant : “vous pouvez compter sur nous. Nous allons vous aider à tenir. Nous serons là au quotidien le temps qu’il faudra pour créer ensemble une stabilité nouvelle car si nous ne créons pas cet élan à l’échelle mondiale, les grandes enseignes de la distribution auront tout pouvoir pour prendre la place de ceux qui auront baissé le rideau”.
Pour sauvegarder notre environnement qui doit être considéré comme un environnement culturel commun, il nous faut agir dès maintenant ! Ne lâchons pas la bride pendant quelques mois, quelques années, le temps qu’il faut. Que la fin de ce confinement soit une fête, une victoire de la proximité, une reconquête de l’espace commun où que nous soyons dans le monde. Prenons des nouvelles de nos proches où que nous soyons. Tissons un lien fort dès le début de nos retrouvailles. Allons rendre visite aux membres de nos familles que nous n’avons pas vus depuis longtemps. Que ce confinement participe à l’avènement d’une prise de conscience grâce à laquelle nous allons pouvoir nous occuper de Nous. Arrêtons de nous éparpiller et de créer de la pollution à travers ces mouvements incohérents. Observons la vie pendant un temps avant de nous remettre à voyager. Observons à quel point nos prises de conscience ont été réparatrices pour la nature. Le changement de nos comportements sera un moteur d’évolution qui permettra à l’industrie de s’adapter aux conditions environnementales nouvelles.
Éveillons notre pouvoir créateur de paix et d’harmonie pour le vivant. Créons les conditions de l’émergence d’une conscience collective nouvelle. Ne nous laissons pas distraire par des théories de complot qui sont apparues pendant ce confinement. Les théories du complot n’existent que dans les esprits de ceux qui les construisent et y croient. Nous sommes puissants et nous avons le pouvoir de modeler notre environnement. Nous allons le prouver. Personne ne peut nous dicter ce que nous pouvons faire de notre environnement proche auprès de ceux que nous aimons. Nous sommes suffisamment conscientes et conscients des choix que nous faisons et que nous pratiquerons au quotidien. Aucun complot ne peut se glisser entre nous et notre désir d’être solidaires, d’être fraternels là où chacun de nous vit, sur ce beau monde qui est le nôtre.


José Manuel Massano

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *